A propos

Connaître, apprendre et transmettre la Palestine – son histoire, sa géographie, sa culture, son combat – relèvent d’un constant défi pour le peuple palestinien, tant bien sous occupation que dans l’exil. Ici et là, celui-ci n’a que peu de prise sur le contenu de l’enseignement dispensé aux nouvelles générations, à quoi il faut ajouter les contraintes qui pèsent sur l’accès à l’enseignement lui-même, du fait des couvre-feux, des guerres, du confinement ou de la dispersion. La lutte des Palestiniens pour l’auto-détermination s’accompagne pourtant du besoin impératif de sauvegarder une culture et une mémoire collectives, de fonder un projet de libération commun ainsi que de décoloniser le discours (politique et savant) les concernant. Pour cela, l’éducation, la création scientifique, littéraire ou artistique comme le développement d’espaces autonomes dédiés à la culture et aux savoirs s’avèrent décisifs.
A travers le monde, et plus spécifiquement dans les sociétés européennes, celles et ceux qui s’engagent pour la Palestine font également face au défi de savoir et de conscience dans des conditions parfois difficiles. En France, la criminalisation de l’antisionisme – abusivement assimilé à de l’antisémitisme – ou encore du soutien à la résistance palestinienne – opportunément taxé d’apologie du terrorisme – tend à frapper d’anathème toute expression de solidarité avec la cause palestinienne. A ceci s’ajoutent des interdictions de tenir des colloques sur la Palestine dans certaines universités ou encore la condamnation en justice de militants de la campagne Boycott, Désinvestissement, Sanction, tout cela dans un contexte plus large de répression accrue des mouvements sociaux, d’islamophobie, et de diabolisation de l’antiracisme politique.
Apprendre la Palestine, ce n’est donc pas simplement prendre la Palestine et les Palestiniens pour objets d’étude. C’est aussi et surtout s’éduquer à l’histoire ainsi qu’au monde qui nous entoure et prendre conscience des rapports de pouvoir qui structurent nos propres praxis. La réflexion développée dans ce séminaire se veut ainsi une forme de pédagogie qui prend la Palestine comme porte d’entrée sur le monde et sur l’engagement à le transformer. Au fil des séances, il s’agit aussi bien d’élargir le socle de nos connaissances que de contextualiser nos propres engagements et pratiques. Ce séminaire est, enfin, un espace d’échange libre et ouvert à toutes celles et ceux qui sont engagés sur les terrains de la Palestine en France, que ce soit par le biais de leurs études, de leurs militantismes, de leurs activités professionnelles, ou de leurs parcours personnels.